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6 juin 2007 3 06 /06 /juin /2007 23:13


Pour moi tomber amoureuse c'est comme gravir une montagne

C'est ma quête d'absolu, mon grand rêve fou, mon sombre bagne

Mais les sommets tant rêvés me sont souvent inaccessibles

Parce que j'ose pas me dévoiler et que je fais tout mon possible

Pour garder mon grand secret à celui qui en est la cible

Combien en ai-je ainsi perdu faute de déclaration

Parce que j'me serais sentie toute nue devant l'bonhomme en question

Combien qui auraient pu me rendre heureuse, qui sont partis avec le temps

Combien dont j'étais amoureuse, combien depuis mes seize ans ?

Bien sûr j’ai rien osé lui dire : c’était vraiment trop important

J’avais  peur qu’il me fasse souffrir si je me dévoilais bêtement

Alors j’ai attendu qu’il vienne, en rougissant comme une gamine

Et dès qu’il apparaissait je me sentais tout sauf sublime

Je devenais Gastonne Lagaffe, j’accumulais les idées débiles

J’en reviens pas c’que j’peux être con quand j’essaie avec soin d’être subtile…

En bref, j’ai donc grimpé en haut de ma montagne

Mais la vraie galère, ce que plus haut j’appelais mon bagne

C’est pas d’la gravir, mais d’la r’descendre, la montagne…

 

Ça prend un temps fou de s’asseoir sur ses illusions

J’en connais même à qui on n’a jamais pu faire entendre raison

Mais moi j’ai beau m’asseoir, j’ai un ressort sous les fesses

Une envie d’aimer inlassable qui curieusement jamais ne cesse

Sur mes montagnes d’illusions de toutes façons j’peux pas m’asseoir

Il me faudrait un sacré fion pour les étouffer toutes dans le noir…

 

Et oui : la somme de mes fantasmes multiplié par mon imagination

Sera toujours bien supérieure à tout c’que produit ma raison…


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8 mai 2007 2 08 /05 /mai /2007 13:44


Hier matin, j’me suis réveillée et j’avais pas l’moral

Alors pour m’changer les idées, j’suis partie pour Paname

J’étais à peine sur le périph’ que j’ai compris mon erreur,

C’était blindé : les parigots non plus nageaient pas dans l’bonheur.

Chuis arrivée - mais j’ai mis l’temps - à la librairie, vers onze heures

Mais là, pas d’bol, c’était fermé, juste ce jour-ci, et à cette heure.

Du coup j’étais grave dégoutée et chuis revenue vers ma 106,

Mais la pervenche était passée entre onze heures et onze heures dix.

Bon, j’me suis pas énervée, et j’ai continué mon exil,

J’ai fait un tour, j’me suis perdue, comme une p’tite provinciale en ville,

Au milieu des gens si pressés, j’ai pris mon temps pour déstresser.

 

En rentrant j’ai appelé mon pote, histoire de me sentir moins seule.

En trois quatre mots, il a fait tomber sur mes illusions un linceul.

Il m’a prouvé par a + b que c’que j’croyais c’était du flan,

Que mes amis si bien élevés m’avaient zappée style vieux vêtement.

Que la soirée aurait bien lieu, mais si j’pouvais juste m’abstenir

De foutre la merde parmi eux, ouais, si j’pouvais me retenir

De leur montrer comme un miroir l’hypocrisie qui règne entre eux

Non, ça ils veulent pas la voir, ça les rendrait trop malheureux.

Mes amis, c’est vraiment des potes, ils te disent que c’est toi l’meilleur

Ils te sourient et te parlent, comme si t’étais vraiment des leurs,

Dès qu’tu t’en vas, t’existe plus, compte pas sur eux pour te rappeler

Si tu leur  colle pas au cul, c’est qu’t’es vraiment pas motivée.

 

Ma journée s’annonçait mal, après mon cafard du matin,

J’avais du mal à me dire : « si, si, t’iras quand même demain »

Alors je m’suis dit que quitte à v’nir, autant faire bien les choses,

J’ai quand même mon p’tit mot à dire, genre grand coup d’vent dans monde tout rose,

Alors j’ai écrit un p’tit slam histoire de leur dire franchement

Que ce coup-ci, vous m’avez blessée, là, oui, vraiment…

L’hypocrisie c’est pas mon truc, et j’ai tendance à la franchise

Mais qui est capable de la supporter sans direct se taper une crise

Même moi, j’ai du mal, surtout quand j’me la prend par derrière

Sans vaseline, à sec ma fille, et j’me la pète, hein, j’fais la fière…

Mais je voulais quand même y aller, leur dire le fond de ma pensée,

Même si ça servait plus à rien, de toutes façons j’étais grillée.

 

Mais j’l’avais mauvaise, et j’avais passé une putain d’sale journée :

En cinq minutes c’était torché, j’ai lu mon slam, j’me suis cassée

Mon pote m’avait bien dit qu’y avait une soirée slam ici,

Mais pour venir j’ai encore eu droit à une ou deux  péripéties

J’vais vous les épargner passe que j’voudrais pas vous saouler

Mais au final j’ai transformé une grosse galère en bonne soirée...


 

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17 février 2007 6 17 /02 /février /2007 00:26


Je viens troubler la surface de ta bulle

Et c’est pour cela que tu me crains

Je ne suis pourtant qu’un pilpus sur ton pull

Un tout petit être de rien

Tu crois que le sol est une chose stable,

Immuable, qu’il te retient

Chaque jour de tomber dans l’improbable,

Mais je t’assure qu’il n’en est rien

 

… Je suis l’éveilleur de consciences…

 

Tu es venu jusqu’ici comme un bateau appareille

Crevant la surface du flot

Tu as marché jusqu’à nous pour retrouver tes pareils

Enlevé tous tes oripeaux

Tu veux que nous fassions trembler ton sol

Juste à l’aide de nos mots

Puis retirer ta camisole

Et venir dire les tiens au micro

 

… Tu es l’éveilleur de consciences…

 

En chacun de nous un veilleur sommeille

Osons ici nous rassembler

En chacun de nous un géant s’éveille

Qui, devant tous, ose ses pensées

Je te vois, toi, chacun, tous, j’entends ses doutes

Je capte l’aura de ses pensées

Je le sens, là, à mon écoute

Libre et uni, sans passé

 

… Il est l’éveilleur de consciences…

 

Que tu luttes ou que tu te laisses faire

De ton premier pas tu es né

Tu es entré dans notre sphère

De part ta propre volonté

C’est notre énergie que tu es venu labourer

Par la friche de tes pensées

C’est nos âmes que tu es venu combler

Par la justesse de tes phrasés

 

… Nous sommes les veilleurs de consciences

 

Nous, tous, veilleurs et éveilleurs, nous épaulons

Nous sommes les tuteurs

D’un monde en pleine révolution

Nous sommes les acteurs

Un jour s’en s’ra fini du règne de l’oseille

Maintenant le futur je sème

Et si je peux m’permettre un tout petit conseil

Dans ce modeste poème :

 

            Si tu n’as pas ton pareil

            Pour décrire tes pareils

            Ou si t’attends l’éveil

            Au fond d’une bouteille

            Si entre tes oreilles

            Un poète sommeille

            Rejoins nos veilles

            Deviens veilleur et veille

A émerveiller tes pareils

N’attends donc pas que je sois vieille

Et réveille tes merveilles

Viens nous accompagner

Car, nous tous, ici rassemblés

 

… nous sommes les éveilleurs de consciences…

 

Et dorénavant, quoi qu’on puisse en penser

On ne peut plus dire que c’est une coïncidence

Veilleurs et éveilleurs, venez nous écouter

Car on touche les esprits par les mots que l’on pense…


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26 janvier 2007 5 26 /01 /janvier /2007 20:43

Vous connaissez Grand Corps Malade et ses voyages en train ? Moi aussi, c'est pour ça que quand j'ai découvert son album, j'ai écrit ce texte que j'ai mis sur le livre d'or de son site.

Exercice de style façon Fabien GCM, j'espère que vous apprécierez, c'est l'histoire de toute ma vie...

 


Moi, j’ai connu l’amour mais il est trop vite parti

Il m’avait promis « toujours », mais ce salaud il s’est enfui

Il s’est barré un jour avec tout c’que j’avais d’meilleur

J’étais trop jeune, j’étais entière, il est parti avec mon cœur.

Et puis ma vie a continué et j’ai cherché mon cœur partout

Dans les soirées, dans les cafés, je n’ai croisé que des matous

J’flippais tellement de rater l’bon que j’suis montée dans tous les trains,

Même s’ils me promettaient rien de bon, ou qu’un avenir bien incertain

Et puis un jour, à une gare, je suis descendue à deux

Dans mes bras je tenais mon espoir, un ptit garçon tout malicieux

Il m’a surtout aidée à vivre, m’a raccroché un beau sourire

Dans une coquille un peu moins vide, moi j’ai continué à écrire

Quatre mois plus tard, sans crier gare, je suis remontée dans un autre train

Mais là, j’descend à chaque station pour m’assurer qu’c’est bien l’mien

Pis j’remonte à chaque fois quand même parce que j’peux pas m’en aller

Tourner la tête, faire le grand pas, même si on m’dis d’laisser tomber

Toujours ma vie se fout d’ma gueulle et me retourne comme une lame

Dès que j’aime, c’est une erreur et j’en tire que des bleus à l’âme

En fait ya pas qu’les accidents qui soient vraiment handicapants

Ya aussi toutes sortes de chocs qui handicapent les sentiments

Moi j’avance dans mon merdier comme une pauvre cloche franchement autiste

J’essaie de’m démerder pour ne pas m’faire sortir d’là piste

Mais à chaque fois qu’j’me casse la gueulle je croise le regard de mon fils

J’y puise le courage de m’relever, et puis d’me remettre encore en piste

Ça fait maint’nant treize longues années qu’mon cœur marche avec des béquilles

J’avance pas droit, j’veux plus grandir, je ferme les yeux et puis j’enquille

Bon, j’vais pas chialer sur mon sort parce qu’ya toujours bien pire que soi

J’vais aller m’rassoir parmi vous et écouter les autres voix

Moi aussi j’ai connu l’amour mais il est trop vite parti

Il m’avait promis « toujours », mais ce salaud il s’est enfui

Il s’est barré un jour avec tout c’que j’avais d’meilleur

J’étais trop jeune, j’étais entière, il est parti avec mon cœur.

Mais tous les jours j’me laisse une chance et j’essaie d’prendre un train d’avance

Et puis un jour, ce sera l’bon train, et ce s’ra comme une évidence

J’descendrais à chaque station pour bien m’assurer de ma chance

Et ce train-là aura un nom, qui rim’ra pas avec absence…


 

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23 novembre 2006 4 23 /11 /novembre /2006 15:14

Eh! je n'ai pas dit mon dernier mot,
Maintenant, t'façon, j'ai même plus peur
Et pis, Ducon, j'vais te prendre de haut
Même si tu fais deux fois ma hauteur !

J'te signale, mon p'tit bonhomme,
Que mon coeur, c'est pas un yoyo,
Et même si tu m'prends pour une conne,
J'vais t'faire tomber à grand coups d'mots!

Ton métier, c'est picoleur, joueur de foot gros glandeur
Quand tu t'radines, c'est mauvais signe
Et là, ton métier, ça d'vient taxeur
Mias moi, j'entre pas dans tes combines.

Quand chuis tombée amoureuse
C'était d'un mec qu'avait du chien
Un gadjo qui m'rendait heureuse
Merde, quoi, c'était un gars bien !

Aujourd'hui, chuis plus qu'l'emmerdeuse
Et la conne qui t'sert de gardien
Et qu'à oublié d'être heureuse
En plongeant son regard dans l'tien

Mais moi, chuis une conne fragile, sensible et bonne
Ouais, Bonne, t'as bien entendu
Enfin c'est c'que tu m'disais mon homme,
Quand tu m'voyais encore toute nue.

Maintenant, ta maîtresse, c'est l'alcool
Et tu la caresses toutes les nuits
Moi j'y ai droit quand la picole
Te laisses cinq minutes de répit

Mais t'es vraiment désespérant
T'as pas ton pareil pour filer
J'ai l'impression qu'tu m'entends
Et l'instant d'après t'as filé

Comment j'ai pu te trouver beau ?
Et croire que tu s'rais mon héros..
Y croire encore jour après jour
Ha! Putain Que c'est con, l'amour!

Eh ! Ducon, t'es toujours là?
C'est à toi qu'je parle, mon gars !
Et ouais, ça y'est, il a filé
Parti rejoindre ses potes piliers

Si j'fais l'bilan d'la relation
J'crois que j'me sui bien fait baiser
C'est ma maman qu'avais raison
J'aurais jamais dû l'épouser...

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