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5 avril 2006 3 05 /04 /avril /2006 22:02

 

Avez-vous appris à Dire ?

Avez-vous peur d'Aimer ?

Connaissez-vous votre Chemin ?

Connaissez-vous ce pays qui ressemble comme un frère à celui que je porte en moi ?

 

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29 mars 2006 3 29 /03 /mars /2006 16:04

 

Avant j’attendais, j’attendais toujours

Que quelque chose arrive, ou quelqu’un

Qui viendrait me tirer de ce mauvais pas qu’est ma vie

Qui viendrait me prendre par la main

Je croyais en cet espoir absurde,

Je croyais en cette attente

Je croyais à ces « je t’aime » que je savais de complaisance

J’attendais ce qui allait enfin changer ma vie

 

Je n’attends plus

Je n’ai plus cette force naïve de l’espoir

Je sais que rien n’arrivera qui viendra me sortir de moi-même

Que personne ne me prendra par la main

Que les « je t’aime » sonneront toujours aussi faux à mes oreilles

Je n’attends plus rien de ceux-là qui préfèrent ignorer que de risquer

Plus rien d’époustouflant, d’irréel ou d’imaginaire

L’inspiration s’est tarie dans les veines de mes doigts

Et s’est rassemblée en poussières

Je n’ai plus d’espoir inculte aux savantes vanités

Redescendue du piédestal ou l’on m’avait menée

Je ne vois plus de rendez-vous concoctés par le hasard

Je ne vois plus de signes qui t’expliquent par où aller quand l’avenir est flou

 

J’ai perdu cette foi qui soulève des montagnes de patience,

L’espoir, savoir qu’un jour enfin....

Pas de hasard pour moi, pas d’espoir, ni de porte de sortie

Rien que la faible lueur de mes mots

Rien d’autre qu’une pièce vide, dans un cerveau vide, et un cœur vide

Petite coquille vide qui donne le change

(Vous ne me verrez pas, personne ne le saura)

Pas de projets, plus d’espoir

Pas de hasard, plus rendez-vous

Les yeux du cœur des fous me contemplent et me lassent

J’ai énucléé mon cœur

J’y ai tranché dans le vif, tailladé à même les chairs

Et la douleur n’existait plus, je ne sais pourquoi

J’ai ouvert la porte aux autres, pour qu’ils puissent s’enfuir

Je suis vide d’eux, sans espoir ni avenir

Je ne sais plus rien faire, mes mains, inutiles

Je suis fermée pour inventaire, pour travaux, pour toujours

Je n’existe plus que dans les rêves les plus fous

Si j’y existe encore

Anesthésiée, nue à leurs yeux, à vif mon regard vide de sens

Brûlée à mon propre jeu,

Retenue sans cesse à la case départ

Je cours en rond comme un hamster dans sa cage

Poussée par l’idée d’arriver alors que nul but ne se profile

J’ai joué, j’ai perdu

Je ne serai jamais cette fille splendide et efficace dont j’ai tant rêvé

 

Mais sans cesse, le même rêve, sournois, vient me tarauder

(Moi qui jamais ne rêve de mes hommes)

Pourquoi celui-ci viendrait-il sans répit me hanter ?

Ultime espoir, noyé dans la lassitude interminable des jours abscons

Ma vie s’y déroule à mesure de mes jours, interminable ribambelle

Et tout m’est imputé, tout est de ma faute,

J’aurais tant pu faire que je n’ai jamais fait

Aujourd’hui je suis si vide, si laide

A moi la faute, à moi la faute...

 

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15 mars 2006 3 15 /03 /mars /2006 21:43

 

"Le monde est peuplé d'imbéciles, qui se battent contre des demeurés pour sauvegarder une société absurde." Jean Yanne.

Proverbe africain : "Qui avale une noix de coco fait confiance à son anus."

"Les hommes veulent être le premier amour d'une femme. Les femmes, elles, préfèrent être le dernier amour d'un homme. Question d'expérience..."

"Il y a quatre catégories de gens qui font bouger les choses : les rebelles, les gens intelligents, les philosophes et les connards." Stomy Bugsy.

"L'immenserie de votre incultance dépasse l'entendure." Monsieur Mégot dans "le p'tit Spirou".

Un Mot de Jean-Claude, dont l'infinie stupidité touche au génie burlesque : "S'il y avait plus d'air dans le ciel, les oiseaux arrêteraient de voler et les avions tomberaient..."
C'est profond, ça mérite que l'on s'y attarde...

 

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13 mars 2006 1 13 /03 /mars /2006 12:24

J'en étais là de mes réflexions quand je m'objectais intérieurement que le Bonheur par Soi a aussi pour nom Egoïsme.

De quel droit aurait-on la possibilité d'être Heureux ?

Si demain je parviens à trouver le Bonheur, vais-je de ce fait être plus utile à la société, ou bien au contraire m'en détourner pour vivre mon Bonheur dans mon coin.

A force d'Egoïsme, l'Homme est en train de sombrer, de s'autodétruire, de courir à sa perte.

Chacun ne cherche qu'un profit personnel, argent, puissance, amour ou autre.

Chacun tire à sois la couverture sans avoir aucun but commun.

L'homogénéité disparait du Tout. On se disperse, plus rien n'a de sens.

Je partais du principe que l'on parvient à s'ouvrir au monde quand on est soi-même Heureux et Accompli.

Mais cette idée de devoir trouver le Bonheur est relativement récente dans l'histoire de l'humanité.

Jusque là, la plupart des gens cherchaient essentiellement à rester en vie, pas à profiter de la vie.

L'idée que chaque humain est unique, différent et extraordinaire n'est que le reflet des outils marquetting utilisés par la société de consommation pour nous flatter.

Finalement, je niais cette abusrde recherche du Bonheur.

Soyons des fourmis, pas des moutons.

Quand  l'homme en aura terminé de s'autodétruire à l'échelle personnelle et planétaire, les fourmis, les termites at autres blattes seront toujours là, vivant dans leur sociétés où l'individu n'est rien de plus qu'une partie utile du Tout. Ce sont ces animaux qui ont raison.

Mais l'homme peut-il s'abaisser à nier son identité, sa différence, sa personnalité pour n'être que la composante utile et remplaçable d'un Tout travaillant à un But commun ?

Notre société s'acharne à tous nous faire prendre conscience de nos différences, tout en nous formatant à accepter ses règles imbéciles et contradictoires faites de marques, de flatteries égoïstes et de distinctions sociales.

Tout est bon pour nous pousser à consommer les articles qu'elle produit.

Tant que nous jouons ce jeu de dupes, elle tient debout.

J'en conclus piteusement que la recherche du bonheur et du profit personnel est à la foi le moteur et le frein de notre société vieillissante et pourrie...

J'aimerais pouvoir me projeter dans l'avenir et savoir ce qui la fera chuter.

Nous ne vivons que pour détruire et tuer. Cela ne durera pas éternellement...

La question suivante naquit avec une implaquable évidence : comment faire évoluer cela dans le bon sens ?

S'il est inutile de trouver le Bonheur, et si je nie mon importance en tant qu'être humain unique et précieux, que puis-je donc faire pour redevenir une partie utile dans un Tout dont le but ne serait pas de détruire mais de préserver ?

Si la recherche du Bonheur personnel était sans aucun doute stérile, celle de l'Accomplissement de soi me paraissait, au contraire, porteuse d'espoir et de promesses.

Si nous étions tous des sages (et en écrivant cela je pense aux moines bouddhistes), des humains qui sont nés à eux-mêmes, nous aurions peut-être une chance de faire cessez les ravages.

La race humaine est encore adolescente.

Un jour, si elle ne s'est pas suicidée avant, elle sera adulte.

Mais ce n'est que dans très longtemps qu'elle atteindra la sagesse et la sérénité de l'âge mur.

 

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8 mars 2006 3 08 /03 /mars /2006 12:24

 

Journal abstrait, ou les merveilleuses aventures de Jule au pays du monde des fous.

 

 

 Merveilleuses, merveilleuses, il faut le dire vite... Enfin, je me dois de me mettre au service de mes idées et celle-là en était une, et une fameuse encore.
 Et quel titre à dormir debout!

 Hier, en rentrant de mes pérégrinations nocturnes, l'idée en question avait frappé ma conscience de plein fouet, comme une grosse claque.

 Dans la rue déserte et mouillée, entre deux lampadaires crachant une pluie fine, je  me rendit compte que jusque là, je n'avais tout simplement pas pris les choses par le  bon bout.

 La soirée avait été enfumée, animée par des discussions de bar aux accents  alcoliques. Je m'étais extirpée de cette enclave de chaleur en prétextant un  rendez-vous inexistant. Les regards avinés de mes compatriotes ne me suffisaient  plus : il me fallait de la solitude.
Le contact avec les autres est épuisant, il nous renvoie à nos manques, à nos faiblesses, du moins quand on en a conscience.
J'ignore comment font les gens qui évoluent dans des groupes et renouvellent les amitiés comme des collectionneurs. Ils se souviennent des détails personnels qu'on a eu le tort de leur livrer et vous demandent toujours des nouvelles des enfants en les appelant par leur prénom. Moi, je ne suis même pas foutue de me rappeler s'ils ont des enfants ou non, ni quelles inventions de mon cru j'ai bien pu leur raconter pour leur faire croire que ma vie est
plus intéressante qu'elle ne l'est en réalité.

Au bar, la conversation avait roulé sur la recherche de La Personne.
Curieusement
, les adultes se gaussent de ceux qui croient encore "au Prince Charmant", un peu de la même manière que les enfants grandis se moquent de ceux d'entre eux qui croient encore au Père Noël.
Non, l'adulte censé ne croit plus à ces bêtises, c'est parfaitement ridicule.
On ne vit pas dans un conte de fée....
Et pourtant, tous cherchent l'Âme Soeur, l'Alter Ego capable d'agir sur nous-même comme un révélateur. Tout cela n'est qu'une question de terme et finalement, je les trouvais tous hypocrites et égoïstes dans leur démarche. Ils critiquaient, se moquaient, jalousaient et finalement, cette recherche du Bonheur se soldait par un calvaire de chaque jour perdu dans la solitude affective.
Pas un d'entre eux pour se remettre en question et se dire que si l'Autre Tant Espéré débarquait dans la minute, et bien on ne saurait pas trop quoi en faire...

Parce que c'est pas le tout de vouloir être Heureux, encore faut-il pouvoir supporter ce fameux Bonheur. Et ce que j'avais entendu au bar me laissait penser que tous ces gens entretenaient leurs névroses avec une lubricité jalouse.
Jouir dans le malheur, du malheur et par le malheur, y'a rien de tel.
Je suis persuadée que si on leur enlevait leurs névroses, et qu'on leur collait du Bonheur à la place, ils seraient bien foutu d'en faire une dépression...

Bref, j'errais ainsi dans les rues, marchant au gré de mes pensées, je m'enhardis à croire que l'on pouvait ignorer cette recherche du Bonheur par l'Autre, pour la remplacer par celle du Bonheur Par Soi.
Jusque là, c'est très banal, n'importe quel magazine féminin vous le dira.
Mais c'est tellement plus facile de se faire croire qu'un jour mon prince viendra.... et qu'il va guérir toutes mes blessures, plutôt que de prendre le taureau par les cornes en sachant que Personne ne pourra me rendre heureuse si je n'arrive pas à m'ouvrir au bonheur dans ma solitude.

Jule, ma fille, ça c'est du challenge!!

 

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23 février 2006 4 23 /02 /février /2006 20:31

 

Sordide énumération des courroux carencés

Tu cuis et tu brûles dans l’attente imminente d’une quelconque canicule.

Quand j’en aurais fini de craqueler mes regards

Tu pourras entrer sans mot dire car les mots seront des tortures horribles à mes oreilles.

Silencieux, silencieux….

  

 

Sortons au fait de ce périple

Suivons les traces des fous

Ouvrons les yeux du cœur car seuls ils voient l’essentiel

Ils savent les chemins qui mènent jusqu’au ciel

Et se noient à outrance pour éviter de voir

Puis meurent

En silence, crient des couleurs qui n’existent pas,

Et ne résistent pas

Fermés le temps d’une vie ils assistent au trépas

  

 

Ils sont, restent, le souffle guidant mes pas

Je les ai rouverts à leur insu

Par surprise, ils ont vu

Je ne m’y attendais pas

Ils sont aveugles alors qu’ouverts et clairvoyants bien que fermés.

Je leur couds les paupières pour bien m’en protéger

De toi

De moi

De souvenirs si beaux qu’à tant les regretter dix ans en furent gâchés

J’ai peur

  

 

Peur de rouvrir cette vanne

Peur aussi de la laisser à jamais refermée

Peur de me contenter de ce que je peux maîtriser

Peur de couler dans cet océan de larmes généreuses et dorées

Peur de m’y noyer

Peur de ces dix années passées à te chercher

Peur de t’avoir enfin trouvé

Toi, cet homme capable de m’ouvrir

De briser mes défenses pourtant si bien armées

Cet homme qui me désarme ne quitte pas mes pensées...

 

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21 février 2006 2 21 /02 /février /2006 21:40


Dans ces moments de peine où je voudrais m’enfuir,
Où chaque regard m’agresse, chaque intention peut nuire
Où les vaines paroles sont des bouches à nourrir,
Ouvertures béantes crachant leur devenir

Il m’apparaît bien sûr que je ne peux servir
Les intentions des uns et les amours des autres
Je finirais sinon par tous vous faire souffrir
Et l’on me jugera, ce sera de ma faute

Mais c’est pourtant fantaisie coutumière
De ma part, hélas, je vous l’avoue
En ce bas monde que d’aimer les contraires
Le cerveau pragmatique aussi bien que le fou

Mais je vais m’enfuir, loin, me cacher
A vos regards lubriques, tendres ou détachés
Pour ne blesser personne et ne rien décider
Ni  de vos jugements subir les couperets

Je n’ai le droit de préférer personne
Les gens que j’aime malgré moi se détestent
Et si je devais choisir l’un de ces hommes
L’autre aussitôt me fuirait comme la peste

Je vais donc, seule, rester dans ma misère
Aller chercher plus loin cet alter ego
Envoyer balader tous mes points de repère
Et pour ma vie future en trouver de nouveaux

Je rêve de voyages, de mers et de soleils
De tendres matinées, de sourires complices
Mais avant tout je cherche en son simple appareil
Juste la paix du cœur, s’il se trouve qu’elle existe…


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20 février 2006 1 20 /02 /février /2006 14:22

Je lisais du Rimbaud tout en me rendant compte
Qu'au poète seule la souffrance compte
Et la verve inusable et la torture mentale
Sans souffrance ne seraient que prose bien banale

Je suis de ces cracheurs de blessures à l'âme
Qui hurlent leurs déchirures en un silence pesant
Et prennent la plume pour colorer leurs drames
En de vaines paroles qui s'égrènent en tourments

Je me voyais à travers tes paupières
Petite chose blessée rentrée sur sa prière
Que je devais avoir l'air misérable
En escomptant ce dont je ne suis pas capable

La tête me tournait comme au premier baiser
Et la peur en mon ventre suffit à tout chasser,
Et l'envie, la magie, d'un instant enlacé
Qui n'aura pas eu lieu, ne va pas s'effacer

Moi, confite d'inaptitudes, je continues à vivre
Crachant ma solitude comme on cache un trésor
Craignant qu'on me devine comme une mise à mort
Je supplie et jubile à tous mes bourreaux ivres

Blasée de chaque instant mort à l'avenir
Je referme sur moi ce que ne peux tenir
De l'abandon infirme au morne souvenir
Je me meurs à moi-même, et l'envie d'en finir

De n'être plus en somme qu'une fleur à ouvrir
Un paradis perdu, tremblant du souvenir
De ce que n'ai vécu par peur du devenir
Où de l'instant trop bref où j'ai cru le tenir

Entre mes mains glacées je retourne ma tête
Et détourne mes yeux comme pour un jour de fête
En riant, je chasse mes obscures pensées
Et sourit détendue alors qu'encore glacée

Mes impossibles me meurent à moi-même
"Je" est une enfant sauvage et en paie le prix
je ne disparaîtrais sans avoir accompli
L'incroyable oeuvre : que je naisse à moi-même…

 

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18 janvier 2006 3 18 /01 /janvier /2006 14:35

A Lélio.


Dans ces fragiles heures du début de l’été,
Où nul ne sait vraiment d’où provient la lumière,
Renaissent en gloire les fantômes du passé,
Auréolés d’une sombre et vaporeuse matière…
Ils vont, autour de nous, formes instables aux têtes fières
Et de leurs fronts sanglants caressent nos genoux
Comme pour nous saluer à leur triste manière.
L’aube point du jour qui se lève,
Chassant de ses lueurs leurs formes éphémères,
Et laisse les vivants le cœur au bord des lèvres
Des larmes plein les yeux et l’âme bien amère.

Et quand au jour suivant leurs brumes vaporeuses
T’enivrent en riant, hurlance ténébreuse,
Tu t’enfuis en courant, recherchant la lumière,
Ne trouvant que la nuit, réponse à tes prières.
Les pieds ensanglantés d’un tortueux chemin,
Et le cœur égaré, des épines aux mains,
Recherchant le visage de tes pires insomnies
Les rejetant, ce terrible ennemi…
Qui fera taire les hurlances de tes noires nuits de peine
Si la mort en est désormais la triste et sombre reine ?
Qui fera taire tes obscures  terreurs et tes cris muets
Alors que dans ton cœur la paix est démembrée ?
Au fond de toi résonne, espoir infime de contrer le pire,
Le verbe du poète : "Et la mort n’aura pas d’empire… "
Mille fois répété, usé par tous tes sens, talisman brandi,
Salut insoupçonné dans le vent de tes nuits :
"Et la mort n’aura pas d’empire… "
"Et la mort n’aura pas d’empire…"

 

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23 février 2005 3 23 /02 /février /2005 00:00

Et la mort n'aura pas d'empire.
Les cadavres nus ne feront plus qu'un
Avec l'homme dans le vent et la lune d'ouest.
Quand leurs os seront rongés à blanc, et les os rongés disparus,
Ils auront des étoiles au coude et au pied.
Même s'ils deviennent fous, ils seront sains d'esprit ;
Même s'ils coulent à pic, ils emmergeront à nouveau ;
Même si les amants sont perdus, l'amour ne le sera pas ;
Et la mort n'aura pas d'empire.

Et la mort n'aura pas d'empire.
Sous les tourbillons de la mer
Eux, gisant de tout leur long, ne mourront pas dans les vents.
Se tordant sur des chevalets quand cederont les muscles,
Ligotés sur une roue, ils ne se briseront pourtant pas.
La foi dans leurs mains cassera net,
Les démons unicornes les transperceront.
Fendus de toutes parts ils ne craqueront pas,
Et la mort n'aura pas d'empire.

Et la mort n'aura pas d'empire.
Ils n'entendront peut-être plus le cri des mouettes
Ni les vagues se briser sur les rives.
Là où s'ouvrait une fleur, peut-être qu'aucune fleur
Ne montrera plus sa tête aux rafales de la pluie.
Même s'ils sont fous et tout à fait morts
Leurs têtes comme des marteaux enfonceront les marguerites,
S'ouvriront au soleil jusqu'à ce que le soleil s'éteigne
Et la mort n'aura pas d'empire.

Dylan Thomas

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