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20 juin 2007 3 20 /06 /juin /2007 23:42


Je déploie avec grâce mes ailes de transparence

Derrière mon vol, la ville s’est endormie

Je les laisse à leurs rêves du haut de mes errances

Ils ne me changeront pas, j’ai gagné, c’est fini.

 


J’étais descendue au cœur des choses cachées

J’avais plongé, pour comprendre, pour me lier

A l’infini battement secret du cœur du Monde

Qui jouait dans mon âme comme les tambours de l’ombre

 

En apnée, sous ses flots enfermée

J’ai vu les vies se faire et se défaire…

Mais après quinze années, quand je suis remontée,

En  moi le cœur du Monde continuait de chanter

 

C’est pourquoi aujourd’hui, toutes ailes déployées

J’accueille mes amis qui n’ont pu me changer

Dans la nuit qui s’écoule je leur fais écouter

Du Monde, avec moi, les battements secrets…


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13 juin 2007 3 13 /06 /juin /2007 23:09

Parfois, j'ai envie d'écrire juste comme ça,  pour écrire, sans vouloir dire quelque chose de précis.
Le plus souvent, en fait, mon désir d'écriture est dû au fait que quelqu'un, oui, quelqu'un de bien précis auquel j'ai envie de parler, avec lequel j'ai envie de communiquer, ne parvient pas jusqu'à moi pour des raisons que j'ignore.

Alors écrire est pour moi une façon détournée de parler quand même à cette personne. De ma frustration de ne pouvoir exprimer de mes mots mes sentiments, mes ressentis, naît l'écriture.

Je te le dis, et je te l'ai déjà dit tant de fois, au travers de tant de textes, de poèmes, de slams, je te dis ce que tu refuses t'entendre.
Un jour, il me faudra admettre que mon travail, sur terre, est de forcer les autres à se confronter à eux-mêmes.

J'ai même remarqué que certains, qui ne peuvent supporter cette douloureuse confrontation, me fuient comme la peste. Ils me détestent.
En fait, ce qu'ils haïssent tant chez moi n'est autre que ce qu'ils ne supportent pas chez eux-même.

D'autres passent dans ma vie comme des comètes, surgissant quand les problèmes se profilent, restant jusqu'à résolution totale ou partielle.
Savoir pourquoi l'on attire les autres, pourquoi ils viennent soudain se raccrocher à nous, pourquoi ils nous fuient.
Savoir que cela n'est pas dû à soi-même, mais à l'étendue des problèmes des autres.

Savoir que malgré tes réticences, tu as lu toutes ces lignes jusqu'ici en prenant la moitié des choses dites pour toi.
Il est tard, à présent, tant de temps est coulé depuis nos premiers mots, tant de temps que tu as pris à te protéger de moi, à te mentir sur toi.
Je n'attaque pas pourtant.

Seul ceux qui ont besoin osent venir jusqu'ici sans trembler.
Te rappelles-tu ce que tu m'as dit la première fois que tu m'as parlé ?
Tu m'as dit "laisse les autres penser ce qu'ils veulent de toi, cela n'a aucune importance".
Je n'en suis pas capable.
Je suis une éponge, un miroir, tout me touche, tout m'atteint, tout me blesse, même ce qui ne m'est pas destiné.
Je suis bouleversée par ce que je vois et ce que je vis.
Il y a bien des fois où j'aurais aimé t'appeler mon Amour, et bien des fois où je l'ai fait, dans le secret caché de mes rêves, mais je n'en ai pas le droit.
Tu appartiens à une autre, disparue, qui te retient tant que personne ne l'a jamais remplacée.
Je ne veux pas de cette place.
Je sais bien ce que c'est que de vénérer  le souvenir d'un passé  disparu dans les limbes du temps.
Mais j'aimerais, à l'occasion, que nous en parlions ensemble, depuis le temps que je le sais.

Voilà, vieil anonyme, ce que je te livre de moi ce soir.
Il te faudra t'en contenter, comme je me contente de tes silences.
Et je t'embrasse au passage, puisqu'il ne faut pas oublier l'amour du monde...

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6 juin 2007 3 06 /06 /juin /2007 23:13


Pour moi tomber amoureuse c'est comme gravir une montagne

C'est ma quête d'absolu, mon grand rêve fou, mon sombre bagne

Mais les sommets tant rêvés me sont souvent inaccessibles

Parce que j'ose pas me dévoiler et que je fais tout mon possible

Pour garder mon grand secret à celui qui en est la cible

Combien en ai-je ainsi perdu faute de déclaration

Parce que j'me serais sentie toute nue devant l'bonhomme en question

Combien qui auraient pu me rendre heureuse, qui sont partis avec le temps

Combien dont j'étais amoureuse, combien depuis mes seize ans ?

Bien sûr j’ai rien osé lui dire : c’était vraiment trop important

J’avais  peur qu’il me fasse souffrir si je me dévoilais bêtement

Alors j’ai attendu qu’il vienne, en rougissant comme une gamine

Et dès qu’il apparaissait je me sentais tout sauf sublime

Je devenais Gastonne Lagaffe, j’accumulais les idées débiles

J’en reviens pas c’que j’peux être con quand j’essaie avec soin d’être subtile…

En bref, j’ai donc grimpé en haut de ma montagne

Mais la vraie galère, ce que plus haut j’appelais mon bagne

C’est pas d’la gravir, mais d’la r’descendre, la montagne…

 

Ça prend un temps fou de s’asseoir sur ses illusions

J’en connais même à qui on n’a jamais pu faire entendre raison

Mais moi j’ai beau m’asseoir, j’ai un ressort sous les fesses

Une envie d’aimer inlassable qui curieusement jamais ne cesse

Sur mes montagnes d’illusions de toutes façons j’peux pas m’asseoir

Il me faudrait un sacré fion pour les étouffer toutes dans le noir…

 

Et oui : la somme de mes fantasmes multiplié par mon imagination

Sera toujours bien supérieure à tout c’que produit ma raison…


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8 mai 2007 2 08 /05 /mai /2007 13:44


Hier matin, j’me suis réveillée et j’avais pas l’moral

Alors pour m’changer les idées, j’suis partie pour Paname

J’étais à peine sur le périph’ que j’ai compris mon erreur,

C’était blindé : les parigots non plus nageaient pas dans l’bonheur.

Chuis arrivée - mais j’ai mis l’temps - à la librairie, vers onze heures

Mais là, pas d’bol, c’était fermé, juste ce jour-ci, et à cette heure.

Du coup j’étais grave dégoutée et chuis revenue vers ma 106,

Mais la pervenche était passée entre onze heures et onze heures dix.

Bon, j’me suis pas énervée, et j’ai continué mon exil,

J’ai fait un tour, j’me suis perdue, comme une p’tite provinciale en ville,

Au milieu des gens si pressés, j’ai pris mon temps pour déstresser.

 

En rentrant j’ai appelé mon pote, histoire de me sentir moins seule.

En trois quatre mots, il a fait tomber sur mes illusions un linceul.

Il m’a prouvé par a + b que c’que j’croyais c’était du flan,

Que mes amis si bien élevés m’avaient zappée style vieux vêtement.

Que la soirée aurait bien lieu, mais si j’pouvais juste m’abstenir

De foutre la merde parmi eux, ouais, si j’pouvais me retenir

De leur montrer comme un miroir l’hypocrisie qui règne entre eux

Non, ça ils veulent pas la voir, ça les rendrait trop malheureux.

Mes amis, c’est vraiment des potes, ils te disent que c’est toi l’meilleur

Ils te sourient et te parlent, comme si t’étais vraiment des leurs,

Dès qu’tu t’en vas, t’existe plus, compte pas sur eux pour te rappeler

Si tu leur  colle pas au cul, c’est qu’t’es vraiment pas motivée.

 

Ma journée s’annonçait mal, après mon cafard du matin,

J’avais du mal à me dire : « si, si, t’iras quand même demain »

Alors je m’suis dit que quitte à v’nir, autant faire bien les choses,

J’ai quand même mon p’tit mot à dire, genre grand coup d’vent dans monde tout rose,

Alors j’ai écrit un p’tit slam histoire de leur dire franchement

Que ce coup-ci, vous m’avez blessée, là, oui, vraiment…

L’hypocrisie c’est pas mon truc, et j’ai tendance à la franchise

Mais qui est capable de la supporter sans direct se taper une crise

Même moi, j’ai du mal, surtout quand j’me la prend par derrière

Sans vaseline, à sec ma fille, et j’me la pète, hein, j’fais la fière…

Mais je voulais quand même y aller, leur dire le fond de ma pensée,

Même si ça servait plus à rien, de toutes façons j’étais grillée.

 

Mais j’l’avais mauvaise, et j’avais passé une putain d’sale journée :

En cinq minutes c’était torché, j’ai lu mon slam, j’me suis cassée

Mon pote m’avait bien dit qu’y avait une soirée slam ici,

Mais pour venir j’ai encore eu droit à une ou deux  péripéties

J’vais vous les épargner passe que j’voudrais pas vous saouler

Mais au final j’ai transformé une grosse galère en bonne soirée...


 

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27 avril 2007 5 27 /04 /avril /2007 11:13

Vieux de dix ans, écrit dans mes premières années aux Beaux-Arts, ce poème satanique est inspiré d'une phrase tirée d'une chanson de hard rock que j'ai reprise pour titre. Bien que je le trouve un peu sulfureux et pas franchement en accord avec mes convictions personnelles, j'ai pensé qu'il avait sa place ici. Cet eprit provoc', c'est tout moi il y a dix ans...

 

 

 


Je suis un ange tombé du ciel

Sous la coupe de Lucifer

Et ton offense à mes mamelles

Me fait sortir de ma tanière.

 

Je suis un ange tombé du ciel

Et perverti par les enfers

J’y prends mon plaisir dans le fiel

En jouissant de vapeurs amères

 

Mon corps est une chienne lubrique

Qui dévore l’intérieur des âmes

Et de mon vieil esprit cynique

Sort la sourde hurlance des flammes

 

Je suis un ange tombé du ciel

Vivant de sexe et de luxure

Etourdi de tourments éternels

Tel une suintante blessure

 

Lucifer, mon maître incontesté

Veut que j’aille retrouver le Père

Lui dire ses quatre vérités

Sur l’abominable planète Terre

 

Je suis un ange tombé du ciel

Un ange déchu, artificiel

Une vieille loque excentrique

Un immondice très érotique

 

Parfois, pourtant, nostalgique

J’aspire à quitter ce monde lubrique

Et m’enfourchant dans un coin chaud

J’oublie ce sentiment idiot.

 

Laissez-moi donc hurler mon destin

Laissez-moi dans mon sale chemin

Je suis mauvais et immortel

Mon destin est d’être cruel

 

Je n’ai pas peur, je suis un roi

Un empereur dictant ses lois

Et si je suis bon quelquefois

C’est que le démon dort en moi

 

Je les ferais souffrir si je peux

Ils en passeront par mes vœux

Je les torture délicatement

Pour en faire des humains rampants

Ils deviendront comme moi

Des êtres sans foi ni lois

Ils oublieront même leurs âmes

Brûlés qu’ils seront par les flammes

 

Je suis un ange tombé du ciel…

 

 

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31 mars 2007 6 31 /03 /mars /2007 08:51

 


C’est l’histoire d’une papillonne.

Une histoire d’amour.

Car la papillonne aime un beau papillon.

Alors elle l’attend, là, sur la branche.

Mais son beau papillon papillonne.

Il va de ci, de-là, il est très occupé à papillonner.

Mais la papillonne, elle est amoureuse.

Alors elle attend, là, sur sa branche, que son beau papillon aie fini de papillonner, et qu’il la rejoigne, elle, sa papillonne, sur la branche.

Mais quand il la rejoint, il est si fatigué d’avoir papillonné qu’il lui dit :

« Laisse-moi me reposer ! »

Et la papillonne, elle est si amoureuse, alors elle le laisse se reposer.

Et puis elle le regarde dormir.

Et elle l’aime.

 

Et puis le vent vient à passer qui lui dit :

« Qu’attends-tu donc toute sur ta branche, petite papillonne ? 

J’attends mon beau papillon qui papillonne. Si je m’en allais, il ne me trouverait plus, et il serait inquiet. Je me dois de l’attendre. »

Et le temps passa.

Et la papillonne sur sa branche, à guetter son beau papillon.

Mais c’est si court, la vie d’une papillonne.

Et le vent qui revient, une fois, « non, je ne veux pas papillonner sans mon beau papillon ! », dix fois, « il serait triste si je papillonnais sans lui », pour emmener la papillonne.

Et le vent se faisait de plus en plus en insistant :

« Viens avec moi, petite papillonne, laisse-moi te bercer sur mes ailes chaudes, je t’emmènerais papillonner à ton tour. »

La papillonne n’était pas amoureuse du vent, mais elle n’en pouvait plus d’attendre, encore et toujours, son beau papillon.

Aussi finit-elle par se laisser convaincre.

Alors elle se glissa sur les ailes chaudes du vent et, à son tour, elle papillonna, tourbillonna tant et si bien que lorsqu’elle se retourna, sa branche avait disparu.

 

La papillonne fut au désespoir !

Elle se mit à pleurer, mais le mal était fait :

Elle s’était perdue et ne retrouverait jamais son beau papillon. Alors elle sécha ses larmes et retourna papillonner.

 

Et le papillon, me direz-vous ?

Et bien, quand il s’aperçut que sa papillonne avait disparut, il cessa de papillonner et alla se poser sur la branche.


Il attendit longtemps le retour de sa belle papillonne.

Mais elle ne revint pas.

Il attendit encore : c’était impossible qu’elle soit partie définitivement, puisqu’elle l’aimait.

Mais la belle papillonne ne revint pas.

Mais comme le beau papillon n’avait plus goût à papillonner, il resta quand même sur sa branche.

Et il attendit.


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Published by Jule Pilpus - dans Petits contes
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30 mars 2007 5 30 /03 /mars /2007 10:49


Hier, je vais voir un pote du collectif qui en a marre de mes lamentations post-traumatiques amoureuses, même si très bien écrites au demeurant.

Il me suggère délicatement d’écrire plutôt sur le thème « la vie est belle et j’aimeu la vie » je cite, afin de plaire davantage au reste du collectif, les Zautres

 

Bien sûr, je lui ai sorti quelques répliques cinglantes du genre « tu crois quand même pas que c’est toi qui va définir les thèmes de mon travail personnel » ou encore « j’ai jamais rien fait pour plaire aux Zautres, je vais pas commencer aujourd’hui », et enfin « de toutes façons, j’en ai rien à foutre de leur plaire ou pas : qu’ils m’aiment ou me haïssent, ça m’est égal, du moment qu’ils ne sont pas indifférents à mon travail. » (z'avez remarqué comment c'est trop cinglant, là ? Je suis une tueuse en matière de répliques cinglantes)

L’indifférence, c’est ce qu’il y a de pire en ce bas monde.

 

En sortant de là, j’avais des démangeaisons dans les doigts et le cerveau qui tournait à toute allure : « Ah tu veux que j’écrive que la vie elle est belle et que les ptites fleurs elles sont belles aussi, tu vas voir, mon pote, ce que je vais t’envoyer dans la gueule à la prochaine cession slam. »

 

C’est pas que je sois revancharde (non, du tout) mais faut pas abuser non plus.

 

Mes parents, y z’ont jamais réussi à me formater, et une éducation, c’est vachement long, quand même.

 

Aux bahuts (écoles, collège, lycée) y z’ont pas réussi à me formater, mais bon, j’étais perdue dans la masse, alors ça se voyait pas trop.

 

A l’école d’infirmière, y z’ont pas non plus réussi à me formater. Et c’est pas faute d’avoir essayé, je vous prie de le croire.
J’ai fini par claquer la porte quand ils ont estimé que non, orange vif, comme couleur de cheveux, ça fait pas correct à l’hôpital (pourtant, mes malades ne détestaient pas, eux).
Et puis ma sale manie d’être franche s’accordait mal avec ce petit monde clos où il faut faire semblent d’être ce qu’on est pas, et surtout, où il est vital de savoir fermer sa grande G….

 

Même au Bozarts, j’en faisais qu’à ma tête.
J’ai même réussi à convaincre le directeur de me valider mon année alors que j’avais pas mis les pieds en cours de peinture ni fait aucun devoir parce que je pouvais pas blairer la prof (et c’était réciproque, d’ailleurs).
De toutes façons, je ne faisais pas grand-chose non plus pour ses propres cours (ça frisait le foutage de gueule, parfois) mais en définitive, j’ai quand même eu le diplôme avec mention sans savoir ni peindre, ni dessiner, alors….

 

Il n’y a que dans le monde professionnel où je me suis écrasée (avec quelques ratés de temps en temps toutefois, on ne se refait pas).

 

Et aujourd’hui, nouvellement chômeuse et libre de dire ce que je pense, il faudrait que je me mesure pour plaire aux Zautres ???? Que je me mette à adopter des thèmes en accord avec leurs goûts ???

Non mais et pis quoi encore !!!!

 

Bon, c’est vrai qu’en même temps, j’ai un (ici, word, qui est un logiciel plein de facétie, me suggère de remplacer un par une) putain de caractère pas facile à faire accepter en groupe.

Et alors ??? J’ai 31 ans, je suis sacrément habituée au problème, et puis de toutes façons, ça me gonfle de devoir faire des efforts pour me faire accepter dans n’importe quel groupe.

Je suis pas faite pour les groupes, c’est tout.

Et la vie est belle, et les ptis zoiseaux y font cui-cui…

Et vous savez quoi ? C'est pour ça qu'on m'aime !!

 Et vive la provoc' !!!

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26 mars 2007 1 26 /03 /mars /2007 09:00


Je suis une tour inébranlable forgée dans l’acier du Temps.

Il te faudra mille ans pour me détruire et pourtant je suis depuis toujours ton refuge secret loin des Hommes.

Tu t’es imaginé que je voulais refermer à jamais sur toi la lourde porte de mon cœur.

Tu as cru que je te garderais prisonnier de mes entrailles accueillantes.

Tu as cru que si tu refermais derrière toi la grande porte de chêne je ne te laisserais plus la rouvrir.

Tu as cru que si tu me donnais ce que je voulais, tu n’appartiendrais plus à toi-même.

Pourtant, souvent le vent de la tempête t’a ramené vers moi, oh mon sombre et lumineux locataire.

Tu t’es réchauffé à mon feu comme tu as pu, la grande porte restée ouverte dans ton dos laissant s’engouffrer le vent de la nuit.

Tu aurais pu te délasser près du torrent de flammes de mon amour, mais le vent tantôt ne laissait subsister qu’une maigre flamme, tantôt attisait le brasier.

Tu te disais : « pourrais-je aimer un endroit à la fois si froid et si terne, mais aussi si beau et si caressant ? Dans mes rêves le lieu ressemble  mais ce n’est pas cet endroit que je cherche. »

Que n’as-tu refermé ma porte, Homme.

Tu aurais pu mesurer à ta grandeur l’hospitalité de mon sein et la joie de mes caresses.

Et moi, sans crainte, je t’aurais laissé user de ma porte à ta guise, te sachant mon plus aimant locataire.

Sans peur, je t’aurais laissé libre de toi-même, sachant que le soir, c’est auprès de moi que tu viendrais chercher chaleur et réconfort.

Bien piètre réconfort que je peux t’offrir alors que tu me délaisses.

Le vent a cassé mes fenêtres, s’est engouffré partout pour me refroidir et toi, tu te contentes de ranimer le feu quand tu reviens.

Si je te dis cela, oh très cher locataire, c’est qu’aujourd’hui j’hésite entre le délabrement de mes murs, fidèle à ton inconstance, et la douce pensée que quelqu’un d’aimant pourrait ranimer mon feu moribond.

Prends garde, Homme, d’autres pourraient venir, qui seraient tentés de mettre de nouveaux carreaux à mes fenêtres, de beaux tapis, et, pour me protéger, de clore derrière eux ma lourde porte de chêne que tu ne refermes que quand tu t’en vas.

Tu n’as jamais profité des splendeurs que je recèle.

Mais au moins sais-tu que je suis une tour inébranlable, forgée dans l’acier du Temps.

Depuis mille ans, tu habites le cœur de mes entrailles et je suis ton refuge secret loin des Hommes.

Il t’a fallut mille ans pour me détruire et je suis encore là.

La porte de chêne a claqué dans le vent.

Le feu s’est éteint.

Ton Temps est venu puis il est reparti…


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20 mars 2007 2 20 /03 /mars /2007 22:47


    Quand j'en aurais fini de toutes mes rêveries

    Qu'enfin je serais Femme et que tu seras Homme

    Quand je te parviendrais à force de féerie

    Et que le monde entier pourra voir qui nous sommes

    Quand ma langue fera naître entre tes lèvres avides

    L'éphémère sensation du bonheur accompli

    Et que mes chants brûlés d'années insipides

    Sortiront de ma gorge comme un voile qu'on déplie

    Quand seront satisfaits tous nos besoins d'encore

    Que je serais ta Reine parée de mille couronnes

    Quand seront découverts de fabuleux trésors

    En nos seins, en nos âmes, en toutes nos personnes

    Quand je pourrais te dire, sans que m'effleure le doute

    Mon amour, je délire, d'avoir trouvé ma route

    Quand je prendrais ta main pour accoucher l'enfant

    Et plongerais dans le tien mon regard si confiant

   Alors je saurais, là, sans qu'aucun doute m'effleure

   Que j'ai bien fait d'attendre qu'enfin vienne ton heure


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18 mars 2007 7 18 /03 /mars /2007 22:43
Parfois, on cherche comme une folle et tout se dérobe.
D'autres fois, on abandonne tout espoir et l'on range son coeur.
Et puis quand on est perdue, par delà les misères
On se rend compte soudain combien on manque d'air
On s'interroge, on doute, on croit savoir
la réalité se dérobe sous nos pas et l'avenir se teinte de noir
Jusqu'à ce que tout cela n'aie plus d'importance, que se soit flou en tête
Et la vie passe, mais elle n'a plus le même goût, la même saveur grisante
Sans doute se doit-on de feindre et d'ignorer, pour survivre
Sans doute est-ce là la meilleure solution pour être libre
Mais quand l'innattendu viens frapper à la porte, et qu'on lui ouvre, innocente
Et puis qu'il vous sourit et qu'il se montre aimable
Qu'aucun sous-entendu ne franchit plus nos rêves
Mais que l'on est ému comme quand le jour se lève
Soudain la vie si grise se remplit de couleurs
Le repas insipide devient plein de saveurs
Pour le prix d'un sourire qui nous remplit le coeur
Combien doit-on donc payer nos doutes et nos erreurs ?
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