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31 mars 2007 6 31 /03 /mars /2007 08:51

 


C’est l’histoire d’une papillonne.

Une histoire d’amour.

Car la papillonne aime un beau papillon.

Alors elle l’attend, là, sur la branche.

Mais son beau papillon papillonne.

Il va de ci, de-là, il est très occupé à papillonner.

Mais la papillonne, elle est amoureuse.

Alors elle attend, là, sur sa branche, que son beau papillon aie fini de papillonner, et qu’il la rejoigne, elle, sa papillonne, sur la branche.

Mais quand il la rejoint, il est si fatigué d’avoir papillonné qu’il lui dit :

« Laisse-moi me reposer ! »

Et la papillonne, elle est si amoureuse, alors elle le laisse se reposer.

Et puis elle le regarde dormir.

Et elle l’aime.

 

Et puis le vent vient à passer qui lui dit :

« Qu’attends-tu donc toute sur ta branche, petite papillonne ? 

J’attends mon beau papillon qui papillonne. Si je m’en allais, il ne me trouverait plus, et il serait inquiet. Je me dois de l’attendre. »

Et le temps passa.

Et la papillonne sur sa branche, à guetter son beau papillon.

Mais c’est si court, la vie d’une papillonne.

Et le vent qui revient, une fois, « non, je ne veux pas papillonner sans mon beau papillon ! », dix fois, « il serait triste si je papillonnais sans lui », pour emmener la papillonne.

Et le vent se faisait de plus en plus en insistant :

« Viens avec moi, petite papillonne, laisse-moi te bercer sur mes ailes chaudes, je t’emmènerais papillonner à ton tour. »

La papillonne n’était pas amoureuse du vent, mais elle n’en pouvait plus d’attendre, encore et toujours, son beau papillon.

Aussi finit-elle par se laisser convaincre.

Alors elle se glissa sur les ailes chaudes du vent et, à son tour, elle papillonna, tourbillonna tant et si bien que lorsqu’elle se retourna, sa branche avait disparu.

 

La papillonne fut au désespoir !

Elle se mit à pleurer, mais le mal était fait :

Elle s’était perdue et ne retrouverait jamais son beau papillon. Alors elle sécha ses larmes et retourna papillonner.

 

Et le papillon, me direz-vous ?

Et bien, quand il s’aperçut que sa papillonne avait disparut, il cessa de papillonner et alla se poser sur la branche.


Il attendit longtemps le retour de sa belle papillonne.

Mais elle ne revint pas.

Il attendit encore : c’était impossible qu’elle soit partie définitivement, puisqu’elle l’aimait.

Mais la belle papillonne ne revint pas.

Mais comme le beau papillon n’avait plus goût à papillonner, il resta quand même sur sa branche.

Et il attendit.


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Published by Jule Pilpus - dans Petits contes
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