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13 novembre 2006 1 13 /11 /novembre /2006 11:30

Les Séries, ou "Vêpres des grenouilles", sont l'un des plus anciens chants de bardes.

Les bardes enseignaient aux enfants sous la forme de poèmes .

Cette transmission orale est parvenue jusqu'à nous.

En voici un extrait, la série du nombre douze, qui reprend les onze précédants.

Allons, bel enfant du druide
Dis, que veux-tu
Que je te chante?

Chante-moi la série du nombre DOUZE,
Jusquà ce que je l'apprenne aujourd'hui.


Douze mois et douze signes
L'avant-dernier
Le Sagittaire décoche sa flèche, armée d'un dard
Les douze signes sont en guerre.
La belle Vache, la Vache noire au front blanc,
Sort de la forêt des Dépouilles;
Dans sa poitrine est le dard de la flèche
Son sang coule à flots
Elle beugle, tête levée.
La trompe sonne; feu et tonnerre
Pluie et vent; tonnerre et feu;
Rien; plus rien; ni aucune série!

Onze prêtres armés,
Venant de Vannes
Avec leurs épées brisées,
Et leurs chemises ensanglantées
Et des béquilles de coudrier
Ils partirent trois cents et reviennent à onze.

Dix vaisseaux ennemis qu'on a vus
Venant de Nantes:
Malheur à vous, malheur à vous, gens de Vannes!

Neuf petites mains sur la table de l'aire
Près de la tour de Lezarmeur
Neuf korrigans qui dansent
Avec des fleurs dans les cheveux et des robes de laine,
Autour de la fontaine à la clarté de la lune.
La laie et ses neuf marcassins
A la porte de leur bauge,
Grognant et fouissant,
Fouissant et grognant.
Petit, petit, petit, accourez au pommier!
Le vieux sanglier va vous faire la leçon.

Huit vents qui soufflent
Huit feux avec le Grand-Feu
Au mois de mai sur le mont du combat.
Huit génisses blanches comme l'écume
Qui paissent sur l'ile profonde,
Les huit génisses blanches de
la Dame.

Se pt soleils et sept lunes
Sept planètes en comptant la Poule,
Sept éléments avec la farine de l'air

Six petits enfants faits de cire,
Vivifiés par l'énergie de la lune.
Si tu l'ignores, moi je le sais.
Six herbes dans le petit chaudron,
Breuvage que mêle le nain,
Son petit doigt dans la bouche.

Cinq ceintures de la terre
Cinq âges dans la durée du temps.
Cinq rochers sur notre sœur.

Quatre pierres à aiguiser,
Pierre à aiguiser de Merlin
Qui aiguisent de faibles épées .

Trois parties dans le monde
Trois débuts et trois fins
Pour l'homme comme pour le chêne.
Trois royaumes de Merlin:
Pleins de fruits jaunes et de fleurs enjouées.
Et de rires d'enfants!

Deux bœufs attelés à une coque
Qui tirent, ils vont expirer.
Admirez la merveille!

Pas de série pour le un; seulement la Nécessité,
Le Trépas, père de la Douleur.

Rien avant et rien de plus.

 

 

publié dans :

BARZHAZ BREIZH
Chants populaires de la Bretagne
 Théodore de la Villemarqué
Paris 1867

 

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Published by Jule Pilpus - dans Archéologie-histoire
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