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18 janvier 2006 3 18 /01 /janvier /2006 14:35

A Lélio.


Dans ces fragiles heures du début de l’été,
Où nul ne sait vraiment d’où provient la lumière,
Renaissent en gloire les fantômes du passé,
Auréolés d’une sombre et vaporeuse matière…
Ils vont, autour de nous, formes instables aux têtes fières
Et de leurs fronts sanglants caressent nos genoux
Comme pour nous saluer à leur triste manière.
L’aube point du jour qui se lève,
Chassant de ses lueurs leurs formes éphémères,
Et laisse les vivants le cœur au bord des lèvres
Des larmes plein les yeux et l’âme bien amère.

Et quand au jour suivant leurs brumes vaporeuses
T’enivrent en riant, hurlance ténébreuse,
Tu t’enfuis en courant, recherchant la lumière,
Ne trouvant que la nuit, réponse à tes prières.
Les pieds ensanglantés d’un tortueux chemin,
Et le cœur égaré, des épines aux mains,
Recherchant le visage de tes pires insomnies
Les rejetant, ce terrible ennemi…
Qui fera taire les hurlances de tes noires nuits de peine
Si la mort en est désormais la triste et sombre reine ?
Qui fera taire tes obscures  terreurs et tes cris muets
Alors que dans ton cœur la paix est démembrée ?
Au fond de toi résonne, espoir infime de contrer le pire,
Le verbe du poète : "Et la mort n’aura pas d’empire… "
Mille fois répété, usé par tous tes sens, talisman brandi,
Salut insoupçonné dans le vent de tes nuits :
"Et la mort n’aura pas d’empire… "
"Et la mort n’aura pas d’empire…"

 

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Published by Jule - dans Poèmes
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