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20 février 2006 1 20 /02 /février /2006 14:22

Je lisais du Rimbaud tout en me rendant compte
Qu'au poète seule la souffrance compte
Et la verve inusable et la torture mentale
Sans souffrance ne seraient que prose bien banale

Je suis de ces cracheurs de blessures à l'âme
Qui hurlent leurs déchirures en un silence pesant
Et prennent la plume pour colorer leurs drames
En de vaines paroles qui s'égrènent en tourments

Je me voyais à travers tes paupières
Petite chose blessée rentrée sur sa prière
Que je devais avoir l'air misérable
En escomptant ce dont je ne suis pas capable

La tête me tournait comme au premier baiser
Et la peur en mon ventre suffit à tout chasser,
Et l'envie, la magie, d'un instant enlacé
Qui n'aura pas eu lieu, ne va pas s'effacer

Moi, confite d'inaptitudes, je continues à vivre
Crachant ma solitude comme on cache un trésor
Craignant qu'on me devine comme une mise à mort
Je supplie et jubile à tous mes bourreaux ivres

Blasée de chaque instant mort à l'avenir
Je referme sur moi ce que ne peux tenir
De l'abandon infirme au morne souvenir
Je me meurs à moi-même, et l'envie d'en finir

De n'être plus en somme qu'une fleur à ouvrir
Un paradis perdu, tremblant du souvenir
De ce que n'ai vécu par peur du devenir
Où de l'instant trop bref où j'ai cru le tenir

Entre mes mains glacées je retourne ma tête
Et détourne mes yeux comme pour un jour de fête
En riant, je chasse mes obscures pensées
Et sourit détendue alors qu'encore glacée

Mes impossibles me meurent à moi-même
"Je" est une enfant sauvage et en paie le prix
je ne disparaîtrais sans avoir accompli
L'incroyable oeuvre : que je naisse à moi-même…

 

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Published by Jule - dans Poèmes
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